La revue Viandes et produits carnés

La revue française de la recherche en viandes et produits carnés  ISSN  2555-8560

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 BIEN-ETRE ANIMAL

 
 

Réactions de stress des bovins dans un abattoir industriel français : Relations avec les procédures d'abattage et les caractéristiques des animaux

La présente étude traite des réactions des bovins aux procédures d’abattage d’un abattoir industriel français, depuis l’arrivée des animaux jusqu’à leur abattage. Elle met en évidence des relations directes entre le fonctionnement de l’abattoir, les caractéristiques des bovins et leurs réactions de stress, y compris leur métabolisme post-mortem. Cette étude permet également d’envisager des évolutions concrètes et relativement simples liées aux aménagements et à la gestion des animaux visant à améliorer leurs conditions d’abattage. Il en ressort notamment que les animaux ne sont pas soumis exactement aux mêmes procédures en raison de contraintes organisationnelles et environnementales liées à l’abattoir. Bien que les résultats de cette étude soient spécifiques à l’abattoir étudié, ils montrent que le mode de gestion des animaux et l’équipement d’un abattoir ont des conséquences directes sur le bien-être animal.

Pintades et lésions cutanées : Améliorer la qualité des carcasses en modifiant les pratiques d’élevage

Depuis des années, se posent d'une manière récurrente et non négligeable, des problèmes de qualité de présentation des carcasses de pintades, du fait
notamment de la forte nervosité liée au caractère sauvage de cette espèce. Les griffures, situées quasi exclusivement sur le bas du dos, et les dermites, caractérisées par des peaux sèches et granuleuses localisées sur le haut de cuisse et le dos, constituent les principaux symptômes observés. La valorisation des carcasses lésées pose de sérieux problèmes aux abatteurs. Les taux de saisie élevés réduisent la rémunération des éleveurs et leur motivation à élever cette espèce. La résolution de ces problèmes n'est pas aisée du fait de leur origine multifactorielle, mais des techniques d'élevage visant à limiter l'agitation des animaux sont susceptibles de réduire l'apparition de ces lésions, c'est pourquoi il a été testé en conditions de terrain, l'utilisation de la brumisation, la mise en place de barrières et divers enrichissements du milieu.
La brumisation n'est pas apparue comme un facteur majeur d'amélioration de la qualité des carcasses de pintades. Cette première analyse serait toutefois à approfondir en multipliant le nombre de répétitions et en travaillant en conditions climatiques plus favorables (été très sec) afin de créer un différentiel hygrométrique plus important entre l'extérieur et l'intérieur des bâtiments testés avec brumisation.
La mise en place de barrière a limité les mouvements de foule au centre des bâtiments et a favorisé le perchage des animaux mais ce système n'a pas non plus permis une nette amélioration de la qualité des carcasses. Par contre la diffusion de cycles musicaux, la mise en place de ballons de couleur et ensuite de perchoirs à partir de 40 jours d'âge a eu une incidence positive sur le comportement des pintades et a permis d'améliorer la qualité des carcasses (le nombre d'animaux présentant des lésions a été réduit de 20 %), motivant de nouveau les éleveurs concernés à se tourner vers l'élevage de cette espèce.

Aménagement des bâtiments de dindes : Des solutions alternatives pour diminuer les lésions

Chez les volailles, le "picage" (coup de bec avec arrachage des plumes) est un phénomène pouvant conduire, dans certaines conditions, à l’apparition de lésions et de mortalité des animaux Il peut apparaître donc comme une atteinte au bien-être des animaux mais est aussi responsable de pertes économiques. S’il existe une bibliographie abondante sur le sujet, dans les élevages à risque, sa maîtrise repose essentiellement sur le maintien d’intensité lumineuse faible et la pratique du débéquage. Or, la Recommandation sur le bien-être des dindes, adoptée le 21 juin 2001 par le Comité permanent de la Convention européenne sur la protection des animaux dans les élevages, pourrait remettre en cause ces pratiques en proposant l’enrichissement du milieu comme solution alternative. Si certains travaux réalisés en conditions expérimentales permettent effectivement d’envisager de nouvelles pistes, la possibilité d’utiliser ces techniques en élevage reste cependant encore à démontrer.
Cet essai a été réalisée au sein de deux sites d’élevage, l’un situé en Vendée et disposant de deux bâtiments semi-clair de 1000 m2 et l’autre situé en Bretagne et disposant de deux bâtiments identiques de type "Louisiane" de 1250 m2. Les lots ont été respectivement mis en place à la mi-juin et à la mi-juillet 2002 et les conditions de conduite sont restées identiques à celles habituellement mises en oeuvre par les éleveurs et correspondent aux conditions classiques de conduite en France. Dans les deux sites, toutefois, l’éclairement était continu, artificiel sur le site 1 et naturel sur le site 2.
Au niveau de chaque site et sexe, un lot a été considéré comme "témoin" et l’autre comme "expérimental". Les animaux des lots expérimentaux ont bénéficié de trois types d’aménagement des ficelles multi-brins de couleur jaune et disposées au niveau de la ligne des mangeoires. L’objectif était de substituer ces ficelles à un apport de paille (utilisé en conditions expérimentales) de façon à ne pas induire de risque pathologique et de limiter les contraintes en terme de temps dc travail liées au remplissage des râteliers des disques compact (type CD) suspendu au niveau de la ligne des abreuvoirs. Il s’agissait dans ce cas de mettre à disposition des animaux des plaques brillantes pouvant servir de support au picage.
Enfin, à partir de 10 jours, ont été mis en place des panneaux verticaux de type grillage (2,50 m x 0,70 m) au centre et dans le sens de la longueur des bâtiments. L’espacement entre barrière était d’environ 2 mètres. L’objectif au travers de cet aménagement était de recréer des zones de repos et de circulation différenciées des animaux sans utiliser de matériels lourds de type plate-forme avec caillebotis ou perchoirs qui nécessitent, de plus, des opérations de nettoyage plus poussées.
Du point de vue comportemental, les aménagements ont été effectivement utilisés par les animaux qui piquaient les disques et les ficelles bien que la proportion d’animaux observés ayant réalisé ce comportement soit restée faible (moins de 2 % pour les ficelles et moins de 6 % pour les disques). De même, les barrières ont modifié globalement la répartition des mâles. Si dans les lots "témoin", ceux-ci étaient plus concentrés le long des murs qu’au centre du bâtiment (en moyenne, 10,5 dindons/m2 contre les murs contre 9,1 dindons/m2 au centre) et adoptaient préférentiellement à ce niveau posture "couché" (environ 84% contre 72%), dans les bâtiments expérimentaux, nous n'observions plus ces différences au niveau des zones avec barrière. Chez les femelles, la répartition des dindes était peu modifiée en relation sans doute avec les densites d'élevagé plus élevées pour ce sexe. Cependant quel que soit le sexe nous n'avons pas observé de modification de la fréquence des dérangements des oiseaux les uns par le autres. En revanche sur le plan des comportements de picage, une distorsion importante est apparue entre les deux sites. Dans les bâtiments semi-clair du premier site la proportion d'animaux des lots experimentaux piquant le corps de leur congenère était significativement supérieure alors que dans les bâtiments "Louisiane" du site 2, la proportion de femelles des lots expérimentaux piquant la tête ou plus globalement les congénères était significativement réduite. Cette contradiction pourrait éventuellement s’expliquer par la différence de nature de bâtiments mais il est plus vraisemblable que cela soit lié à une dégradation des conditions de vie des animaux du lot expérimental du premier site, indépendante des variants expérimentaux testés.
Sur le plan des lésions et des performances zootechniques, cette distorsion s’est maintenue et, en raisons des problèmes évoqués ci-dessus dans le premier site, certaines données n’ont pu être analysées à ce niveau. Par contre, chez les femelles du deuxième site, nous avons observé une réduction significative des lésions de type plaies avec escarre ou picage (réduction respective d’environ 50 et 20%). Enfin, au sein de ce même site, la mortalité dans les deux sexes a été significativement réduite d’environ 30 % dans les lots expérimentaux. Cette différence ne semblant cependant pas résulter directement d’une réduction des accidents de picage, nous avons répété cette expérimentation au cours d’une seconde bande dans ce site. Même si l’ampleur des différences était moindre, elles ont cependant été confirmées.

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