La revue Viandes et produits carnés

La revue française de la recherche en viandes et produits carnés  ISSN  2555-8560

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Les débats de société sur l’élevage dans cinq pays européens

Dans le nord de l’Europe, les labels et démarches de filières ainsi que les orientations données par les pouvoirs publics et la recherche conduisent à des changements de pratiques d’élevage

Une analyse des controverses sur l’élevage a été réalisée en 2015 dans cinq pays de l’Union Européenne (Allemagne, Danemark, Pays-Bas, Espagne, Italie) pour évaluer dans quelle mesure elles diffèrent entre pays et leurs impacts sur l’évolution des modes d’élevages et la segmentation des marchés. L’étude a reposé sur une large bibliographie et des missions en Allemagne, Danemark et Italie. Elles ont permis de recueillir les positions d’une trentaine d’acteurs de l’élevage, de la recherche et des associations. L’étude confirme l’existence d’un gradient de préoccupations sociétales sur l’élevage, du nord au sud de l’Europe. Les controverses sont très actives dans le nord, sur de nombreux sujets (bien-être animal, santé publique, impacts environnementaux, modèles d’élevage). Elles le sont beaucoup moins dans les pays du sud, en particulier en Espagne. La montée de la contestation, les orientations données par la recherche et les pouvoirs publics, et les initiatives prises par les filières, conduisent à des changements de pratiques d’élevage dans le nord de l’Europe, pour une part croissante de production, tout en gardant le souci de la compétitivité. La création de labels "bien-être", privés et publics, s’inscrit dans un mouvement plus général, au sein de l’UE, en faveur de la création d'un étiquetage obligatoire selon le mode de production de la viande et du lait, comme pour les œufs depuis 2003. Cette comparaison européenne met en lumière la réactivité des filières nord-européennes face aux enjeux. La France doit veiller à être dans le bon tempo dans les réponses à apporter aux attentes de société. La compétitivité est aussi une question d’anticipation.

Evolution des représentations de l’animal, fondements juridiques et règles de protection animale

La protection animale en France : de l’émergence d’un statut juridique à l’élaboration et la mise en œuvre d’une règlementation

Les représentations que l’Homme se fait des animaux ont régulièrement évolué au cours des temps et, en conséquence, son rapport avec eux. Parallèlement à l’évolution des relations Homme-animal, des enjeux sociétaux divers ont émergé sur la question animale (politiques, philosophiques, économiques, médiatiques, etc.) et un statut juridique s’est progressivement dessiné. Au-delà de l’apparition dans le Droit d’interdictions et de devoirs de l’Homme vis-à-vis des animaux, un arsenal réglementaire s’est mis en place pour assurer leur protection, en élevage en particulier. En France, la protection animale s’est ainsi construite sur deux piliers fondamentaux : le Code rural et la règlementation européenne. Différents acteurs s’investissent dans le bien-être et la protection animale : professionnels des filières mais aussi représentants de l’Etat, vétérinaires, chercheurs, associations de protection animale, etc. Si les moyens et les actions engagés sont différents, leurs objectifs convergent : contribuer à la mise en œuvre de la législation ainsi qu’à l’amélioration permanente des conditions de bien-être des animaux d’élevage.

L’évaluation de l’état d’inconscience en abattoir

La conscience, l’inconscience et la mort dans le contexte de l’abattage
Partie II. Méthodes d’évaluation

Cette seconde revue présente les principaux indicateurs de conscience et d’inconscience utilisables en abattoir. Ils évaluent différents aspects de l’état de fonctionnement du cerveau, mais seulement indirectement. Par conséquent, il est nécessaire d’en vérifier plusieurs concomitamment. On conclut à un état d’inconscience lorsque les signes de conscience sont absents, et ceux d’inconscience sont présents. Etant donné la réversibilité de l’inconscience, les vérifications doivent être poursuivies jusqu’à la fin de la saignée. Les procédures de constat de mort utilisées pour l’humain ne sont pas envisageables dans le contexte de l’abattage. Sur le terrain, pour s’assurer de la mort de l’animal après la saignée, on vérifie qu’il ne respire plus, ne montre pas de réflexes du tronc cérébral et qu’il est saigné correctement. Si ces trois points sont confirmés, à ce stade de l’abattage, la perte des fonctions vitales est irréversible et l’animal peut être considéré comme mort.

Mécanismes neurobiologiques mis en œuvre dans le contexte de l’abattage

La conscience, l’inconscience et la mort dans le contexte de l’abattage
Partie I. Mécanismes neurobiologiques impliqués lors de l’étourdissement et de la mise à mort

Cette revue (qui sera suivie par un second article) présente les mécanismes neurobiologiques impliqués lors de l’étourdissement et la mise à mort des animaux en abattoir. Lorsqu’un étourdissement précède la saignée, les mécanismes impliqués dans la perte de conscience varient selon les techniques utilisées : étourdissement mécanique, électrique ou gazeux. La saignée directe (sans étourdissement) induit également une perte de conscience avant de provoquer la mort. La perte de conscience peut être liée à différents mécanismes, tels que l’anoxie ou l’ischémie cérébrale ou la dépolarisation, l’acidification et/ou la destruction des neurones. Ces effets peuvent être produits à l’aide d’ondes de choc, de champs électriques, de réduction ou d’arrêt de la circulation sanguine cérébrale, d’une surcharge de CO2 et/ou d’un manque d’O2 dans l’air inspiré, ou de la destruction mécanique de neurones. Les structures cérébrales visées sont la formation réticulée, le système réticulo-activateur ascendant ou encore les hémisphères cérébraux de manière globale. Certaines techniques, lorsqu’elles sont bien utilisées, permettent une perte de conscience immédiate ; pour d’autres, la perte de conscience est progressive.

Impact de l’électronarcose sur le bien-être des volailles et la qualité des produits

Etat des lieux des pratiques de narcose dans les abattoirs français

L’électronarcose par bain d’eau est le procédé d’étourdissement du poulet de chair le plus répandu en France. Il est encadré par le règlement n° 1099/2009/CE sur la protection des animaux au moment de leur mise à mort. Ce règlement impose certains paramètres électriques minimum pour le réglage de la narcose en vue de protéger l’animal mais ne tient pas compte des impacts potentiels sur la qualité des produits. De plus, il ne donne aucune indication sur les ajustements à apporter en fonction des animaux abattus (poids, génotype) ou de l’organisation de la chaîne d’abattage. L’objectif de la présente étude était donc de faire un état des lieux des pratiques de narcose dans les abattoirs français afin de caractériser les paramètres influençant l’efficacité de la narcose et ses répercussions sur la qualité des produits. Une attention particulière a été portée à l’influence des paramètres électriques en fonction de l’organisation de la chaîne d’abattage. Cette étude a permis de mettre en évidence des facteurs influençant fortement la qualité de l’étourdissement des animaux et la présentation des produits : le génotype et le poids des animaux, l’organisation de la chaine d’abattage (particulièrement le délai entre narcose et saignée), les paramètres électriques de la narcose et la durée d’application du courant.

Statut et droits de l’animal d’élevage en France

Evolution, enjeux et perspectives

Le statut et les droits de l’animal en Occident ont profondément évolué avec une accélération marquée ces dernières décennies. Une des dernières mutations en date concerne la montée en puissance du thème du bien-être des animaux de production. En la matière, des avancées notables sont en cours, mais plusieurs courants de pensée veulent aller plus loin encore. Si la tendance de fond de la société semble s’orienter vers une prise en compte accrue du bien-être animal, le sujet est encore un enjeu de débats. En effet, aborder la question du statut et des droits de l’animal, c’est poser la question de la relation homme-animal et, sur ce point, des visions différentes voire incompatibles s’affrontent. Quoiqu’il en soit, cette évolution sociétale implique, pour les animaux au service de l’homme, et notamment les animaux d’élevage, de concilier des droits et un statut nouveau avec la nécessaire gestion du service rendu (la fonction productive), donc de mettre sans cesse en perspective les intérêts de l’animal et ceux de l’homme.

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