Lecture d’actualité - Influences de l’élevage et de la production de viande de ruminants sur le climat

Sources des émissions, méthodes d’évaluation et compensation carbone

L’élevage et la production de viande de ruminants exercent une influence sur le climat comme toute activité humaine. La phase de production agricole génère l’essentiel des émissions de gaz à effet de serre (GES) : l’élevage émet principalement du méthane, du protoxyde d’azote et un peu de dioxyde de carbone. La part de l’élevage dans ces émissions est respectivement de 25%, 24% et moins de 2% à l’échelle du monde ; 43%, 18% et moins de 2% en ce qui concerne l’Europe ; et 67%, 6% et moins de 3% en France. Afin d’évaluer la pression totale sur l’atmosphère, les émissions sont ramenées à l’unité de référence, le CO2 équivalent (CO2e). La contribution de l’élevage de ruminants est ainsi à hauteur de 5% des émissions mondiales, 5% des émissions européennes et 9% des émissions françaises selon le dernier inventaire national (méthane et protoxyde d’azote des postes bâtiment et stockage). En ce qui concerne la viande bovine, selon la méthode d’analyse de cycle de vie, les émissions générées dans le cadre de la production mondiale représentent 6% des GES émis sur la planète. A l’échelle de l’Europe, la production de viande bovine émet  l’équivalent de 4 à 6% des émissions du Vieux continent. En ce qui concerne la production de viande ovine, ses émissions correspondent à moins de 1% à ces deux échelles. Cependant, le bilan de l’influence climatique doit aussi prendre en compte les absorptions, et pas uniquement les émissions. En maintenant plus de carbone dans les sols qu’elles n’en restituent par la respiration, les prairies contribuent au stockage de carbone, et de cet état de fait, représentent un véritable levier d’atténuation du réchauffement climatique, à intégrer dans le bilan final de l’empreinte carbone de la viande de ruminants.